L’avocate de cette femme de 38 ans, qui avait rejoint la Syrie en 2014 pour y retrouver son mari engagé au sein de Daech, réclame le rapatriement en urgence des deux fillettes de 9 et 11 ans de la défunte détenues en Syrie.
Par Timothée Boutry , du Parisien, le 22 avril 2026 à 18h34

Malika (le prénom a été modifié) ne reverra jamais la France. Selon les informations transmises par son avocate, cette djihadiste française de 38 ans est morte de maladie ce samedi 18 avril au camp de Roj, dans le nord-est de la Syrie. Elle y était retenue depuis 2019 et son interpellation par les forces kurdes. Elle laisse derrière elle deux orphelines de 9 et 11 ans.
Selon le décompte effectué par l’avocate Marie Dosé, très investie sur le sort des femmes et des enfants retenus sur zone, Malika est la troisième Française à périr dans un camp depuis la chute de l’État islamique.
Dès 2019, Me Dosé avait demandé, en vain, le rapatriement de Malika et de ses filles dans des courriers adressés au ministère des Affaires étrangères et à l’Élysée, dont nous avons pris connaissance. Dans ces lettres, l’avocate retrace brièvement le parcours de cette jeune femme d’origine tunisienne naturalisée française installée dans la région Occitanie.
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En août 2014, le mari de Malika part en Syrie pour garnir les rangs de Daech. À la fin de l’année 2014, la jeune mère de famille le rejoint avec leur bébé. Une fois sur place, elle tombe rapidement malade et donne naissance à un second enfant en 2016. Elle est, semble-t-il, arrêtée début 2019 avant d’être transférée, avec ses deux filles, au camp de Roj.
« Madame (…) et ses enfants sont donc détenus arbitrairement dans des conditions sanitaires déplorables et depuis des mois », s’alarmait Me Dosé dans ses missives envoyées en juillet 2019 au ministre des Affaires étrangères de l’époque Jean-Yves Le Drian, et au chef de l’État Emmanuel Macron.
« Ramener au plus vite ces deux enfants livrées à elles-mêmes »
Depuis la chute de l’EI en 2019, la France a organisé plusieurs vagues de rapatriements de femmes et d’enfants depuis les camps syriens, avec pour critère principal le volontariat. La dernière opération remonte au mois de septembre 2025. Mais il resterait encore sur place quelque 110 enfants et entre 40 et 50 femmes, toutes judiciarisées.
Lors d’une conférence de presse organisée en juin 2025, les membres d’une délégation composée d’avocats, de l’eurodéputé (Les écologistes) Mounir Satouri et de la productrice et présidente de l’Association Fraternité générale Fabienne Servan-Schreiber, de retour de Syrie, avaient plaidé pour un rapatriement général. Une solution à laquelle les autorités se sont toujours refusées.