Lettre à Monsieur Adrien Taquet Secrétaire d’État à la Protection de l’enfance

Monsieur le Ministre,

Notre Collectif des Familles Unies vous a déjà écrit pour attirer votre attention sur la situation dramatique des enfants français prisonniers avec leurs mères dans des camps du nord-est de la Syrie. Vous nous avez répondu en nous informant que vous transmettez notre courrier au ministre des Affaires étrangères. 

Nous nous permettons de vous écrire de nouveau, car nous considérons que la situation de ces enfants relève en grande partie des prérogatives de votre ministère : dans cette douloureuse affaire, il s’agit pleinement de la protection de l’enfance, de l’application de la Convention Internationale des Droits de l’enfant, de l’enfance en péril, d’enfants français en danger de mort.

Notre Collectif des Familles Unies, qui regroupe plus d’une centaine de familles dont les enfants, petits-enfants, neveux ou nièces, sont détenus dans des camps ou des prisons en Syrie et en Irak, milite depuis plusieurs années contre l’idéologie totalitaire et criminelle qui a poussé nos proches vers les zones de conflits et pour le rapatriement de tous les ressortissants français prisonniers, pour que les adultes soient jugés en France dans le cadre de procès équitables, et pour que les enfants innocents puissent retrouver une vie normale et être réinsérés dans la société française

L’évolution de la situation sur place, avec notamment l’offensive turque contre les Forces Démocratiques Syriennes, rend d’autant plus urgent un tel rapatriement, tant d’un point de vue sécuritaire, avec les risques de dispersion et d’évasion de prisonniers, que d’un point de vue humanitaire, si l’on considère la situation épouvantable dans laquelle se trouvent des centaines d’enfants français innocents, qui croupissent dans des camps insalubres, dans le nord-est de la Syrie.

La situation dans le nord-est de la Syrie est loin de se stabiliser, et la confusion règne sur le partage des différentes zones d’influence. Notre Collectif est particulièrement alarmé par le retour dans la région des forces de Bachar Al Assad, qui pourraient prendre le contrôle des camps ou pour le moins s’emparer d’un certain nombre de nos ressortissants, en particulier d’enfants, qui deviendraient une source de chantage ou une monnaie d’échange. 

Pour nous, permettre le transfert à ces forces d’enfants français, ou ne rien faire face à cette possibilité, serait un crime — quand on connaît la réalité des prisons du régime syrien, où meurtres, tortures, viols — y compris d’enfants — sont monnaie courante. 

En février 2018, M. Le Drian, ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, affirmait que les enfants français seraient rapatriés par le biais de la Croix-Rouge. Plus d’un an et demi plus tard, seuls quelques orphelins ont été rapatriés, et près de 300 enfants français sont toujours prisonniers dans les camps de Roj et de Al-Hol, sans soins, sans éducation, dans des conditions matérielles d’une extrême précarité. 

Cette politique attentiste adoptée par nos autorités enfonce les enfants français prisonniers (pour certains depuis deux ans), dont la majorité a moins de cinq ans, dans un malheur plus grand encore, dans une incertitude insupportable, dans un risque permanent de mort, de blessures, de maladie. Chaque jour supplémentaire passé dans ces camps ajoute une inexcusable charge traumatique aux graves traumatismes déjà vécus par ces enfants : cela fait des mois que notre pays a la possibilité de les ramener, et au lieu de cela on tergiverse au détriment des plus faibles, des plus vulnérables.

C’est bien le Droit, l’humanité, les valeurs de notre société qui demandent que les autorités françaises prennent sans délai cette décision courageuse du rapatriement de ces enfants français innocents de Syrie. La nécessité de ce rapatriement est aussi demandée par toutes les organisations humanitaires présentes sur le terrain, des différents comités en charge de la défense des droits humains et du droit des enfants de l’ONU et du Conseil de l’Europe, ainsi que la Commission Nationale Consultative des Droits de l’Homme ou le Défenseur des Droits, sans oublier les experts internationaux de la lutte contre le terrorisme.

À présent, c’est l’UNICEF, au niveau national comme au niveau international, qui demande instamment aux gouvernements concernés de rapatrier les enfants. Dans une tribune publiée le 4 novembre, M. Boris Cyrulnik, neuropsychiatre et membre du Comité de parrainage d’UNICEF France et M. Jean-Marie Dru, président d’UNICEF France, affirment que les enfants français retenus en Syrie « doivent être considérés comme des victimes » et qu’il « est urgent qu’ils soient rapatriés par leur pays et qu’ils soient accompagnés dans la construction de leur avenir. » Conformément aux dispositions de la CIDE, l’UNICEF demande que les enfants soient rapatriés avec leurs mères.

Nous nous permettons de joindre à notre lettre des photos de dessins d’enfants, la déclaration de MM. Cyrulnik et Dru, ainsi que celle de Mme Henrietta Fore, directrice générale d’UNICEF. 

La France des droits humains, la France qui fête cette année le trentième anniversaire de la Déclaration internationale des Droits de l’Enfant, s’honorerait de respecter ses propres principes et ses propres valeurs en rapatriant ses enfants innocents qui croupissent dans les camps syriens dans des conditions inhumaines. 

Nous ne voulons pas que ces enfants français meurent dans les camps kurdes ou dans les prisons de Bachar Al Assad, nous ne voulons pas qu’ils vivent un autre traumatisme dans les cages des prisons irakiennes : nous voulons qu’ils vivent, qu’ils reviennent, qu’ils aillent à l’école, qu’ils puissent avoir une vie d’enfant dans leur pays (ils n’en ont pas d’autres), dans notre société.

Nous vous demandons, Monsieur le Ministre, de porter la parole des enfants français prisonniers en Syrie, de ces enfants victimes, auprès du Président de la République. Nous sollicitons une nouvelle fois votre bienveillance pour être reçus.

En espérant que notre appel, qui s’unit à celui de tant d’autres, soit enfin entendu, nous vous prions de croire, Monsieur le Premier Ministre, à l’assurance de notre haute considération.

Le «  Collectif des Familles Unies » 

Lettre à Monsieur Emmanuel Macron, Président de la République

Monsieur le Président,

Notre « Collectif des Familles Unies », qui regroupe plus d’une centaine de familles dont les enfants, petits-enfants, neveux ou nièces, sont détenus dans des camps ou des prisons en Syrie et en Irak, vous a adressé une lettre le 19 octobre vous demandant, une nouvelle fois, de rapatrier les ressortissants français prisonniers pour que les adultes soient jugés en France, que les enfants puissent retrouver dans leur pays une vie normale et soient enfin réinsérés dans notre société. 

L’évolution de la situation sur place, avec notamment l’offensive turque contre les Forces démocratiques syriennes, rendent urgent aux yeux de tous un tel rapatriement, tant d’un point de vue sécuritaire, avec les risques de dispersion et d’évasion de prisonniers, que d’un point de vue humanitaire, si l’on considère la situation épouvantable dans laquelle se trouvent des centaines d’enfants français innocents, qui croupissent dans des camps insalubres, dans le nord-est de la Syrie.

La situation dans le nord-est de la Syrie est loin de se stabiliser, et la confusion règne sur le partage des différentes zones d’influence. Notre Collectif est particulièrement alarmé par le retour dans la région des forces de Bachar Al Assad, qui pourraient prendre le contrôle des camps, voire de s’emparer d’un certain nombre de nos ressortissants avec des enfants innocents comme monnaie d’échange, de chantage, oude tout autre ordre, serait bien plus qu’un désastre humanitaire. Permettre le transfert à une puissance étrangère d’enfants innocents protégés par les conventions internationales, ou ne rien faire face à cette possibilité, serait un crime.

C’est bien le Droit, l’humanité, les valeurs de notre société qui motivent notre demande de prendre sans délai cette décision courageuse du rapatriement des enfants français innocents de Syrie. La nécessité de ce rapatriement vous est aussi prouvée par toutes les demandes faites par des organisations humanitaires présentes sur le terrain, des différents comités en charge de la défense des droits humains et du droit des enfants, de l’ONU et du Conseil de l’Europe, ainsi que la Commission Nationale Consultative des Droits de l’Homme ou le Défenseur des Droits, sans oublier les experts internationaux de la lutte contre le terrorisme.

À présent, c’est l’UNICEF, au niveau national comme au niveau international, qui demande instamment aux gouvernements concernés de rapatrier les enfants. Dans une tribune publiée le 4 novembre, M. Boris Cyrulnik, neuropsychiatre et membre du Comité de parrainage d’UNICEF France et M. Jean-Marie Dru, président d’UNICEF France, affirment que les enfants français retenus en Syrie « doivent être considérés comme des victimes » et qu’il « est urgent qu’ils soient rapatriés par leur pays et qu’ils soient accompagnés dans la construction de leur avenir. »

Nous nous permettons de joindre à notre lettre des photos de dessins d’enfants, la déclaration de MM. Cyrulnik et Dru, ainsi que celle de Mme Henrietta Fore, directrice générale d’UNICEF. La France des droits humains, la France qui fête cette année le trentième anniversaire de la Déclaration internationale des Droits de l’Enfant, s’honorerait de respecter ses propres principes et ses propres valeurs en rapatriant les enfants français innocents qui croupissent dans les camps syriens dans des conditions inhumaines.

En espérant que notre appel, qui s’unit à ceux de tant d’autres, soit enfin entendu pour notre bien à tous et celui de notre société brisée en son sein et déshumanisée, nous vous prions de croire, Monsieur le Président, à l’assurance de notre haute considération.

Le«  Collectif des Familles Unies » 


LES GOUVERNEMENTS DOIVENT RAPATRIER LES ENFANTS ÉTRANGERS BLOQUÉS EN SYRIE AVANT QU’IL NE SOIT TROP TARD

Unicef le 4 novembre 2019

Déclaration de la Directrice Générale d’UNICEF, Henrietta Fore

AMMAN, 4 novembre 2019 –  » La dernière flambée dans le nord-est de la Syrie vient appuyer l’urgence pour les gouvernements de rapatrier les enfants étrangers bloqués dans la région avant qu’il ne soit trop tard. Les gouvernements nationaux ont maintenant la responsabilité et la possibilité de faire ce qui s’impose et de ramener ces enfants et leurs parents chez eux, où ils pourront recevoir des soins adéquats et être à l’abri de la violence et des abus.

« Selon nos meilleures estimations :

– Près de 28 000 enfants de plus de 60 pays différents, dont près de 20 000 Iraquiens, sont toujours piégés dans le nord-est, principalement dans des camps de déplacés.

– Plus de 80 % de ces enfants ont moins de 12 ans et 50 % ont moins de 5 ans.

– Au moins 250 garçons, dont certains n’ont que neuf ans, sont détenus, bien que le nombre réel soit probablement beaucoup plus élevé.

« Tous vivent dans des conditions qui ne conviennent pas aux enfants. Leur principale question au reste du monde est : Que va-t-il nous arriver ? 

« Ces enfants ont un besoin urgent de soins et de protection adéquats.

« Nous savons qu’au moins 17 pays ont déjà rapatrié plus de 650 enfants – dont beaucoup vivent maintenant avec des membres de leur famille, y compris, dans certains cas, leur mère qui est revenue avec eux. Les enfants sont en sécurité, vont à l’école et se remettent de leurs expériences de guerre.

« L’UNICEF a aidé certains de ces enfants rapatriés, notamment en les aidant à se réinsérer dans leurs familles élargies et leurs communautés.

« L’UNICEF salue le leadership de ces pays. Leurs actions et la longue expérience de l’UNICEF en matière de soutien aux enfants, aux familles et aux communautés touchées par les conflits armés dans le monde entier, nous montrent que lorsque l’on veut, on peut. 

« Les actions de ces pays demeurent toutefois l’exception plutôt que la norme. Notre message aux gouvernements est sans équivoque : L’intérêt supérieur de l’enfant devrait être une considération primordiale en tout temps.

« L’UNICEF reste profondément inquiet pour la sécurité et le bien-être de ces enfants et des dizaines de milliers d’enfants syriens qui luttent pour survivre dans des conditions de plus en plus difficiles dans les camps et centres de détention de la région. Cela inclut les 40 000 enfants nouvellement déplacés dans le nord-est de la Syrie. Certains ont été séparés de leur famille, blessés ou handicapés à cause de la violence. Tous sont extrêmement vulnérables et ont un besoin urgent d’être protégés contre d’autres préjudices.

« L’UNICEF renouvelle ses appels à une action urgente de la part des États membres et des parties au conflit, notamment :

– La détention ne doit être qu’une mesure de dernier recours et pour la durée la plus courte possible. Les enfants ne doivent pas être détenus uniquement en raison de liens familiaux présumés avec des groupes armés ou de l’appartenance de membres de la famille à des groupes armés. Si des enfants sont soupçonnés d’avoir commis un crime, ils doient être traités conformément aux principes de la justice pour mineurs, l’accent étant mis sur leur réadaptation et leur retour à la vie civile.

– Conformément à l’intérêt supérieur de l’enfant et aux normes internationales, les gouvernements doivent assurer la réinsertion en toute sécurité des enfants syriens dans leur communauté locale et le rapatriement sûr, digne et volontaire des enfants étrangers dans leur pays d’origine. La préservation de l’unité familiale et le principe de non-refoulement sont essentiels pour protéger les enfants.

– Tous les Etats membres doivent fournir aux enfants qui sont leurs citoyens, ou nés de leurs ressortissants, des documents civils pour prévenir l’apatridie.

– Les parties au conflit et ceux qui ont une influence sur elles doivent protéger les enfants à tout moment. Il s’agit notamment d’éviter les attaques contre les civils et les infrastructures civiles, comme les centres de santé, les systèmes d’approvisionnement en eau et les écoles.

– Les différents parties doivent également permettre aux organisations humanitaires d’accéder sans entrave à l’assistance et aux soins fournis aux enfants et aux familles, y compris dans les lieux de détention.

« Les enfants, que ce soit dans le nord-est ou ailleurs en Syrie, ne doivent pas être abandonnés alors que les murs de la guerre se referment sur eux. »
Vu sur: https://www.unicef.fr/article/les-gouvernements-doivent-rapatrier-les-enfants-etrangers-bloques-en-syrie-avant-quil-ne

Open letter from the Collectif des Familles Unies/France to the members of the European Parliament Paris,

October 30th, 2019

Dear Member of the European Parliament,

Please find below a letter from our group. We are the  » Collectif des Familles Unies », a French association bringing together more than one hundred families who have seen a loved one leave for Syria or Iraq. We are fighting against the ideology that led them to leave for these conflict zones.

In the name of the principles of law, democracy and the rights of the child, we call for the repatriation of all European children who are surviving in the Syrian camps under the dreadful conditions denounced by numerous NGOs, by UNICEF and the Red Cross. We call for these repatriations to take place as quickly as possible, and for the repatriation of their mothers, in conformity with the International Convention on the Rights of the Child.

In an open letter to European governments, dated September 11th 2019, American security professionals, including Brett McGurk, the former Special Advisor to the US National Security Council, pleaded, for reasons of security and to preserve the future, for the repatriation of children to their country of origin, but also for the adults, men and women, so that they can be judged in their own country. Leaving European citizens in Syria and Iraq means preparing the resurgence of the so-called Islamic State in the years to come. These security professionals indicate that if the European countries do not commit to repatriation, they will pay for it later: The choice, then, is clear: pay a relatively small price now, or pay a huge price later.” See https://thesoufancenter.org/open-letter-from-national-security-professionals-to-western-governments/ 

We hope that you will be able to express the voice of reason, and to take action vis-à vis the governments of the European Union, so that international conventions and the principle of the protection of the child will be upheld.

In view of the gravity of this situation, unprecedented in the history of our Republic and of the European Union, our “Collectif de Familles Unies” would willingly be received by a commission of the European Parliament.

With great respect, yours sincerely,

Le « Collectif des Familles Unies » / France

Paris, October 30th, 2019

ARE WE GOING TO LET HUNDREDS OF EUROPEAN CHILDREN DIE IN SYRIA?

Hundreds of innocent European children are currently held prisoner with their mothers in northeastern Syria, in the camps of Al Hol, Roj and Ain Issa. They are under the command of Kurdish forces, though the Ain Issa camp is now out of control. Some of these children have been detained for two years, others since the fall of the last bastion of Islamic State in Baghouz, last March. The majority of these children are under the age of five, and almost all are under age 12.

The Turkish armed offensive in northeastern Syria has again plunged the country into chaos. Civilian populations are severely affected by bombardments and fighting, and the children imprisoned in the camps are again subjected to the fear and violence of war.The conflict affects the provision of water and food, and the action of humanitarian organisations is impeded. Some, such as MSF, have left the zone. Cease-fires are precarious and can break down at any moment. The future of Syrian Kurdistan is more uncertain than ever, with Turkey, Russia and Bashar al-Asad, threatened by Islamic State, all present. Locked in behind fences and barbed wire, living in cloth tents, the children and their mothers have no way of protecting themselves in the event of bombardments or fighting. They risk being killed or seriously wounded at any moment.

The situation of the children in the Syrian camps is tragic and doubtless constitutes one of the worst humanitarian catastrophes of recent years. Every day, children are dying in the Al Hol camp of malnutrition, from accidents, infections, illness and ill treated wounds. Their daily life is an unending hell, and those who survive are in danger of death. The humanitarian organisations who try to act in northeastrn Syria, like UNICEF or the Red Cross, have been sounding the alarm for months regarding  the predicament of these children, and in particular regarding those who could benefit from the help of their country of origin and repatriation. UNICEF insists on the fact that these foreign children held in Syria “are among the most vulnerable children in the world,”adding that these children “live in dreadful conditions, with their health, security and well-being constantly threatened.”

Faced with the scale of the humanitarian disaster of which these children are victims,international institutions have advocated the repatriation of the children to their country of orgin. The Commissioner for Children’s Rights of the Council of Europe has called on European states to repatriate their underage citizens, adding, “I also exhort them to envisage the repatriation of their mothers, in the respect of the higher interest of the child.” The UN High Commissioner for Human Rights, Michelle Bachelet, appealed in June 2019 for the repatriation of families of jihadists. She said that “children, in particular, have suffered grave violations of their rights.”

The European children imprisoned in the camps in Syria are deprived of all their fundamental rights: the right to life and to development; the right to identity; the right to be protected against all forms of violence; the right to health; the right to school education; the right not to be arbitrarily detained. The are also deprived of the right to be rescued! Article 2 of the International Convention on the Rights of the Child says: “States Parties shall take all appropriate measures to ensure that the child is protected against all forms of discrimination or punishment on the basis of the status, activities, expressed opinions, or beliefs of the child’s parents, legal guardians, or family members.” The respect and enforcement of this text should be an absolute priority for the governments of democratic Europe. Unfortunately, it is exactly the opposite which is happening at the moment. Innocent European children are condmend to prison and exile because of the choices of their parents.

In the face of the tragic plight of foreign children imprisoned in Syria, some countries have assumed their responsabilities: the US, Russia, Kazakhstan, Kosovo and Algeria, among others, repatriate their citizens, in particular the children. European countries, who were pioneers in the promotion of children’s rights, try to find every legal and political pretext for evading the obligations which they themselves set regarding the protection of children. This refusal to apply international conventions shows a stunning lack of humanity towards children. Certain countries have resorted to a “case by case” doctrine which, as far as one can tell, means repatriating only orphans, thus creating unbearable discrimination between children when all, by definition, are in a state of immense vulnerability.

Children who are not orphans and who are imprisoned with their mothers are condemned to survive in tragic conditions in the camps of a country at war. Brought there by their parents, or born in the zone, these children are the victims of the ideology that led their parents to leave for Syria and Iraq. They did not choose anything. They had no part in these harmful decisions. They are above all innocents, victims of Islamic State and victims of war.

Despite all the appeals of humanitarian organisations and international bodies, the European countries remain for the time being deaf to the distress of children. The European countries have the capacity to repatriate these children. We saw it when they repatriated the orphans. At present, the hesitation of European countries over months has made it much more difficult to repatriate them, but it is still possible. It is enough to decide. Kurdish leaders have been asking for months for foreign prisoners to be repatriated to their countries, most of all children. The authorities of our countries have made a deliberate choice to let European children suffer and die in Syria. For how long? To what purpose? It is an incomprehensible choice for the families, the grand-parents, the aunts and uncles of these children. Each additional day spent in these camps damages these children, already traumatised by grief and war, a little more.

Because they did not take the right decisions to repatriate European citizens and in particular the children, faced with an evolving situation that is mostly unforeseeable, European countries have no control. And it is the children who suffer the most from the lack of courage and the blindness of our governments, which is a true failure of our values. The innocent European children imprisoned in camps in Syria have already suffered enough. The have lived through bombardments, the loss of loved ones, wounds, sickness, fear, trauma, the dreadful life of the camps. The deprivation of their future is tantamount to a death sentence foretold. They are still confronted with the horrors of war, directly threatened and exposed to death. Can democratic Europe, the Europe of human rights, the Europe which initiated and supported all international initiatives for the rights of children, betray itself to such a point by abandoning its children?

The European childrn must not fall into the hands of Islamic State. They must not be handed over to Bashar al-Asad or to Iraq. The Collectif des Familles Unies/France calls for the immediate repatriation of the European children imprisoned in Syria and their parents. These children, already weakened by the heat of summer and dangerously polluted air, must not spend another winter in tents, subjected to the dangers of war. It is a question of humanity, of respect for fundamental principles and the protection of children. Concerning the adults, in view of the risk of dispersal, it is a question of European security.

We appeal to you to take action before the governments of Europe so that these children will be repatriated to their countries as quickly as possible. It is a question of life and death.

October 30th, 2019

Lettre ouverte du Collectif des Familles Unies / France aux membres du Parlement Européen

Paris, le 29 octobre 2019. 

Monsieur le Député européen,

Nous vous prions de trouver ci-dessous une lettre que notre Collectif entend vous transmettre. Le Collectif des Familles Unies est une association française regroupant plus d’une centaine de familles dont l’un des proches est parti en Syrie ou en Irak, et luttant contre l’idéologie qui les a faits partir vers ces zones de conflits.

Nous appelons, au nom des principes du droit, de la démocratie et du respect des droits de l’enfant, au rapatriement de tous les enfants européens, qui survivent dans les camps syriens dans des conditions épouvantables dénoncées par de nombreuses ONG,  par l’UNICEF et la Croix-Rouge. Nous appelons également, pour que ces rapatriements soient possibles et effectifs dans les meilleurs délais, au rapatriement de leurs mères, conformément à la Convention Internationale des Droits de l’enfant.

Dans une lettre ouverte aux gouvernements européens, datée du 11 septembre 2019, des professionnels de la sécurité américains (dont Brett McGurk, ancien Représentant du Président des Etats-Unis auprès de la Coalition et d’anciens responsables du Conseil de Sécurité Nationale américain) plaident, pour des raisons de sécurité et pour préserver l’avenir, pour le rapatriement des enfants dans leurs pays d’origine, mais aussi des adultes, hommes et femmes, afin de juger ces derniers dans leurs propres pays. Laisser les ressortissants européens en Syrie et en Irak, c’est préparer la résurgence de Daesh dans les années à venir. Ces responsables de la sécurité indiquent que si les pays européens ne s’engagent pas sur la voie du rapatriement, ils le paieront plus tard : « Le choix est donc clair : payez maintenant un prix relativement peu élevé ou payez plus tard le prix fort. »  (« The choice, then, is clear: pay a relatively small price now, or pay a huge price later. », cf. https://thesoufancenter.org/open-letter-from-national-security-professionals-to-western-governments/ )

Nous espérons que vous serez en mesure de porter une parole de raison et d’agir auprès des Gouvernements de l’Union Européenne afin que les conventions internationales et les principes de la Protection de l’enfance soient respectés.

Vu la gravité de cette situation inédite dans notre histoire républicaine et européenne, notre «Collectif de Familles Unies » reste à votre disposition pour être reçu par une commission du Parlement européen.

Dans cette attente, nous vous prions de croire, Monsieur le Député européen, en l’assurance de notre haute considération.

Le « Collectif des Familles Unies » / France

VA-T-ON LAISSER MOURIR DES CENTAINES D’ENFANTS EUROPÉENS EN SYRIE ?

Des centaines d’enfants européens innocents sont actuellement prisonniers avec leurs mères au nord-est de la Syrie, dans les camps de Al Hol, Roj et Aïn Issa. Ils sont contrôlés par les forces kurdes, mais le camp d’Aïn Issa est d’ores et déjà « hors contrôle ». Certains de ces enfants sont détenus depuis deux ans, d’autres depuis la chute du dernier réduit de l’Etat Islamique à Baghouz, en mars dernier. La grande majorité de ces enfants a moins de cinq ans, et la quasi-totalité moins de douze ans.

    L’offensive armée de la Turquie dans le nord-est de la Syrie plonge une nouvelle fois le pays dans le chaos : les populations civiles sont lourdement frappées par les bombardements et les combats, et les enfants prisonniers dans les camps sont de nouveau confrontés à la peur et à la violence de la guerre.Le conflit impacte l’approvisionnement en eau et en nourriture, et l’action des organisations humanitaires est entravée, certaines comme MSF ont quitté la zone. Les cessez-le-feu sont précaires, et peuvent être remis en cause à tout moment. L’avenir du Kurdistan syrien, en proie aux ambitions de la Turquie, de la Russie et de Bachar al-Asad, menacé par Daesh, est plus que jamais incertain.  Enfermés derrière des grilles et des barbelés, abrités sous des tentes de toile, les enfants et leurs mères n’ont aucune possibilité de se protéger en cas de bombardement ou de combats, risquant d’être tués ou gravement blessés à tout moment.

La situation des enfants dans les camps syriens est dramatique et représente sans doute l’une des pires catastrophes humanitaires de ces dernières années.Tous les jours, des enfants meurent dans le camp de Al Hol de malnutrition, d’accident, d’infections, de maladie, de blessures mal soignées. Leur vie quotidienne est un calvaire incessant, et ceux qui survivent sont en danger de mort. Les organisations humanitaires qui tentent d’agir dans le nord-est syrien, comme l’UNICEF ou la Croix-Rouge, tirent la sonnette d’alarme depuis des mois sur la situation de ces enfants, et en particulier sur ceux qui pourraient bénéficier de l’aide de leur pays d’origine et d’un rapatriement. L’UNICEF insiste sur le fait que les enfants étrangers détenus en Syrie « comptent parmi les enfants les plus vulnérables du monde », ajoutant  que ces enfants « vivent dans des conditions épouvantables et voient leur santé, leur sécurité et leur bien-être constamment menacés. » 

Les instances internationales, devant l’ampleur de ce désastre humanitaire dont sont victimes les enfants, se sont prononcées pour le rapatriement des enfants dans leurs pays d’origine. La Commissaire aux Droits de l’Enfant du Conseil de l’Europe a appelé les Etats européens à rapatrier leurs ressortissants mineurs, ajoutant : « Je les exhorte également à envisager le rapatriement de leurs mères, dans le respect de l’intérêt supérieur de l’enfant. » La Haute-Commissaire des Nations Unies aux Droits de l’homme, Michelle Bachelet,  a appelé en juin 2019 au rapatriement des familles de djihadistes, estimant que « les enfants, en particulier, ont subi de graves violations de leurs droits.»

    Les enfants européens prisonniers dans les camps en Syrie sont privés de tous leurs droits fondamentaux : le droit à la vie et au développement ; le droit à l’identité ; le droit à être protégé contre toute forme de violence ; le droit à la santé ; le droit à l’éducation qui passe par l’école ; le droit à ne pas être détenu arbitrairement. Ils sont aussi privés du droit d’être secourus ! La Convention internationale des Droits de l’enfant précise dans son article 2 : « Les  Etats  parties  prennent  toutes  les  mesures  appropriées  pour  que  l’enfant  soit effectivement protégé contre toutes formes de discrimination ou de sanction motivées par la situation juridique, les activités, les opinions déclarées ou les convictions de ses parents, de ses représentants légaux ou des membres de sa famille. » Le respect de l’application de ce texte devrait être une priorité absolue des gouvernements de l’Europe démocratique. C’est exactement le contraire qui est appliqué malheureusement pour le moment : des enfants européens innocents sont condamnés à la prison et à l’exil à cause des engagements de leurs parents. 

Face à cette situation dramatique des enfants étrangers prisonniers en Syrie, certains pays ont pris leurs responsabilités : les Etats-Unis, la Russie, le Kazakhstan, le Kosovo, l’Algérie, entre autres,  rapatrient leurs ressortissants, en particulier les enfants. Les pays européens, qui ont été pionniers dans la promotion des droits de l’enfant, essayent de trouver toutes les parades juridiques et politiques possibles pour échapper aux obligations qu’ils se sont eux-mêmes fixées en matière de protection de l’enfance.Ce refus d’appliquer les conventions internationales témoigne d’un manque d’humanité sidérant envers les enfants. Certains pays se sont retranchés derrière la doctrine du « cas par cas » consistant, autant qu’on peut la comprendre, à ne rapatrier que les orphelins,créant ainsi une discrimination insupportable entre les enfants qui, par nature,  sont tous en état de très grande vulnérabilité.  

Les enfants qui ne sont pas orphelins et qui sont prisonniers avec leurs mères sont condamnés à survivre dans des conditions dramatiques dans des camps d’un pays en guerre. Emmenés par leurs parents ou nés sur zone, ces enfants sont les victimes de l’idéologie qui a conduit leurs parents à partir en zone Syro-Irakienne : ils n’ont rien choisi, ils ne sont absolument pour rien dans ces décisions néfastes. Ce sont avant tout des innocents, des victimes de Daesh et des victimes de guerre.

Malgré tous les appels des organisations humanitaires et des instances internationales, les pays européens restent pour l’instant sourds à la détresse des enfants. Les pays européens ont les capacités à rapatrier ces enfants : nous l’avons bien vu quand il s’est agi de rapatrier des orphelins. A présent, les tergiversations des pays européens pendant des mois rendent plus difficiles les conditions d’un rapatriement, mais tout est encore possible. Il suffit de le déciderCela fait des mois que les responsables kurdes réclament le rapatriement dans leurs pays des prisonniers étrangers, a fortiori des enfants. Les autorités de nos pays font le choix délibéré de laisser souffrir et mourir des enfants européens en Syrie : pour combien de temps ? Dans quel objectif ? C’est un choix incompréhensible pour les familles, les grands-parents, les oncles et les tantes de ces enfants : chaque jour supplémentaire passé dans ces camps abîme un peu plus ces enfants, déjà traumatisés par les deuils et la guerre.

    Faute d’avoir pris au bon moment les bonnes décisions, en rapatriant les ressortissants européens et en particulier les enfants, devant une évolution d’une situation largement prévisible, les pays européens sont à présent condamnés à subir. Et ce sont les enfants qui souffrent le plus du manque de courage et de l’aveuglement de nos gouvernements, qui est une véritable faillite de nos valeurs. Les enfants européens innocents prisonniers des camps de Syrie ont déjà assez souffert : ils ont vécu les bombardements, les deuils, les blessures, les maladies, la peur, les traumatismes, la vie épouvantable dans les camps, la privation d’avenir qui s’apparente à une peine de mort programmée… Ils sont de nouveau confrontés aux horreurs de la guerre, directement menacés, exposés à la mort. L’Europe démocratique, l’Europe des Droits humains, l’Europe qui a impulsé et soutenu toutes les initiatives internationales pour les droits des enfants, peut-elle se renier à ce point en abandonnant ses enfants ?

Les enfants européens ne doivent pas tomber entre les mains de Daesh, ils ne doivent pas être remis à Bachar al-Asad ou à l’Irak. Le Collectif des Familles Unies / France appelle au rapatriement immédiat des enfants européens prisonniers en Syrie et de leurs parents. Ces enfants, déjà fragilisés par l’été brûlant et l’air dangereusement pollué, ne doivent pas passer un nouvel hiver sous les tentes, confrontés aux dangers de la guerre. C’est une question d’humanité, de respect des principes fondamentaux de la protection de l’enfance. C’est, pour ce qui concerne les adultes, face aux risques de dispersion, une question de sécurité européenne.

Nous faisons appel à vous pour agir auprès des gouvernements de l’Europe pour que ces enfants soient rapatriés dans leurs pays au plus vite. C’est une question de vie ou de mort.

Le 29 octobre 2019.

TRANSFERTS POSSIBLES EN IRAK : LA FRANCE VA-T-ELLE RÉTABLIR LA PEINE DE MORT ET LA TORTURE PAR PROCURATION ?

Communiqué de presse du « Collectif des Familles Unies »

Paris, le 16 octobre 2019

Les dernières déclarations de Jean-Yves Le Drian, Ministre des Affaires étrangères, laissent clairement entendre que les autorités françaises souhaitent négocier avec le gouvernement irakien le transfert des ressortissants français prisonniers en Syrie vers l’Irak, et leur mise en jugement devant des tribunaux irakiens ou une hypothétique « juridiction mixte » qui officierait en Irak.

Près de trois cents enfants français croupissent dans des camps syriens avec leurs mères dans des conditions épouvantables, certains depuis deux ans. La guerre les a rejoints de nouveau, avec l’offensive turque contre les Kurdes, et ils sont en danger de mort. La seule réponse que semble leur préparer M. Le Drian, au lieu de les rapatrier d’urgence en France avec leurs mères, c’est de les transférer en Irak et de les séparer de leurs mères dans des conditions atroces. Nous, grands-parents, oncles et tantes, familles de ces enfants innocents, nous ne voulons pas que ces enfants, après tant de souffrances, soient parqués à présent dans les cages des prisons irakiennes, et leurs mères jugées dans des procès inéquitables, risquant la peine de mort, la torture, le viol, les mauvais traitements.

En mai dernier, onze ressortissants français ont été condamnés à mort à Bagdad, après avoir été transférés de Syrie de manière illégale, avec l’accord probable des autorités françaises. À cette occasion, nous avons pu constater la réalité sordide de l’administration de la justice en Irak : procès expédiés en quelques dizaines de minutes, avocat commis d’office prenant connaissance du dossier au moment du procès, pas de défense véritable, délibéré de quelques minutes conduisant à des condamnations à mort. Dans tous les cas, il n’y a aucune présence de témoins, et tout est basé sur des aveux extorqués sous la torture. Rappelons qu’en Irak, le seul fait d’avoir rejoint l’État islamique, même s’il l’on n’a pas combattu, même si aucune exaction n’est retenue contre l’accusé, est passible de la peine de mort.

Les autorités françaises, si elles décident au final ces transferts et ces jugements en Irak, livreraient délibérément, en contradiction avec toutes les conventions européennes, ses ressortissants à un pays pratiquant la peine de mort, la torture, les mauvais traitements sur les prisonniers. De surcroît, les prisons irakiennes ont toujours été une pépinière du djihadisme et tous les leaders de l’État islamique ont passé à un moment ou à un autre un séjour dans ces prisons : ils ont fini par être libérés ou se sont échappé.

Le « Collectif des Familles Unies » s’oppose formellement à tout transfert et jugement en Irak des ressortissants français. La France se défie-t-elle à ce point de sa justice pour qu’elle délègue ainsi le pouvoir de juger à un système judiciaire qui ne respecte aucune des normes européennes et internationales ? La France se défie-t-elle à ce point de son système pénitentiaire qu’elle préfère envoyer des hommes, des femmes et des enfants français dans l’enfer des geôles irakiennes, où tortures, mauvais traitements et conditions de vie épouvantables sont largement documentés par les organisations humanitaires ? 

La politique de « non-rapatriement » que semble continuer à défendre M. Le Drian, est irresponsable d’un point de vue sécuritaire (on délègue notre justice et on confie nos ressortissants à un état instable et corrompu qui réclame des millions de dollars par prisonnier et par an pour les juger et les emprisonner), et ignoble d’un point de vue humanitaire vis-à-vis d’enfants français innocents.

Le « Collectif des Familles Unies » réitère sa demande de rapatriement d’urgence en France des enfants français et de leurs parents. C’est la seule réponse sécuritaire et humanitaire correspondant au droit et aux valeurs républicaines.

Communiqué du Collectif des Familles Unies sur les nouveaux risques de guerre au nord-est de la Syrie

Le Collectif des Familles Unies appelle au rapatriement immédiat des enfants prisonniers et de leurs parents

 Les États-Unis viennent d’annoncer le retrait de leurs troupes de la zone frontalière entre la Syrie et la Turquie, donnant ainsi la possibilité à la Turquie de passer à l’offensive contre les forces kurdes. L’offensive turque, annoncée par Ankara, risque d’être un puissant facteur de déstabilisation supplémentaire de la région, et d’incertitude sur l’avenir. Ce qui avait été annoncé en janvier — le retrait des soldats américains de la zone —, et qui avait amené les autorités françaises à envisager le rapatriement des ressortissants français prisonniers des Kurdes, se reproduit à l’identique aujourd’hui. Face à ces menaces de guerre, la position française reste étrangement figée et ne semble pas prendre la mesure des événements, répétant en dépit de la réalité des faits et des risques d’embrasement de la région, que les djihadistes français doivent être jugés sur place. 

Entre 200 et 300 enfants français innocents sont prisonniers avec leurs mères dans des conditions épouvantables dans les camps de Al Hol, Roj et Aïn Issa. Une reprise des hostilités risque non seulement d’interrompre l’aide humanitaire qui arrive déjà au compte-gouttes dans les camps, et aggraver les conditions de vie déjà calamiteuses des enfants et de leurs mères, mais aussi met les enfants face à un danger mortel : les combats et les bombardements qui pourraient intervenir si l’offensive turque se concrétisait pourraient impacter durement les camps, et provoquer de terribles dommages. Rappelons que le camp de Roj, qui regroupe de nombreux enfants français et leurs mères, se situe à moins de 20 kilomètres de la frontière turque. 

D’autre part, une offensive turque risque de provoquer des troubles majeurs dans les prisons où sont détenus les prisonniers de l’État islamique, et dans les camps. Les soldats kurdes ne seront plus en capacité de garder prisons et camps s’ils sont mobilisés contre les Turcs. Et dans ces conditions, des détenus réputés les plus dangereux pourraient s’enfuir. Les responsables kurdes ont déjà prévenu solennellement les responsables de la Coalition de cette éventualité. 

Face à ce désastre annoncé, il est temps que les autorités de notre pays prennent leurs responsabilités : 

* Les adultes, ressortissants français, face au risque sécuritaire que constitue leur dispersion, au moment où Daesh reprend des forces dans la région, doivent être rapatriés en France pour y être jugés, comme le demandent de nombreux spécialistes internationaux de la sécurité et du contre-terrorisme (cf https://thesoufancenter.org/open-letter-from-national-security-professionals-to-western-governments/). 

Les enfants français innocents prisonniers des camps du nord-est de la Syrie ont déjà suffisamment souffert : ils ont vécu les bombardements, les deuils, les maladies, les traumatismes, la vie épouvantable dans les camps… Ils ne doivent pas vivre un nouvel hiver dans ces conditions inhumaines, et ils ne doivent pas de nouveau être exposés aux horreurs de la guerre. Le gouvernement doit prendre rapidement toutes les mesures nécessaires pour les rapatrier. 

Paris le 8 octobre 2019